Au GROUPE D’ENTRAIDE G.E.M.E., nous savons qu’il est possible d’apprendre à gérer ses crises de panique afin de ne pas se laisser envahir par elles. 

Six principaux troubles anxieux

Il est normal de vivre du stress et de l’anxiété, de ressentir une nervosité ou tension devant certaines situations, telles qu’un examen ou une entrevue pour un nouvel emploi. Par contre, lorsque divers symptômes se manifestent de façon prolongée, que notre quotidien est perturbé ou que l’on vit une détresse importante, il s’agit sans doute d’un trouble anxieux.

Une personne aux prises avec des troubles anxieux peut avoir de la difficulté à gérer ses relations sociales, ses rapports avec sa famille, son travail ou ses études.

L’anxiété généralisée

Des inquiétudes excessives et difficiles à maîtriser sont des caractéristiques de l’anxiété généralisée. La personne qui en souffre possède une forte tendance à s’inquiéter pour tout et pour rien. Les scénarios négatifs prolifèrent à toute vitesse. Les inquiétudes sont souvent disproportionnées par rapport à la réalité. Des pensées négatives s’enchaînent en continu au sujet d’événements futurs comme la santé, les finances, les relations interpersonnelles, etc.

Notre perception face à une situation imprévue provoque parfois du stress entraînant ainsi une réaction psychologique et physiologique. Plusieurs symptômes peuvent être présents : avoir des difficultés à se concentrer, être irritable, se fatiguer facilement, se sentir agité, avoir les muscles tendus ou un sommeil perturbé, etc.

Il est important de consulter votre médecin si vous vous reconnaissez dans la description d’une personne souffrant d’anxiété généralisée. Un médecin peut vous aider à y voir plus clair et sera en mesure de poser un diagnostic complet.

La phobie sociale

Elle consiste en une peur importante et persistante face à diverses situations sociales. La personne éprouve une gêne irrationnelle quasi paralysante. Elle s’inquiète d’être observée ou de faire quelque chose de terriblement embarrassant devant les autres. Pour certaines personnes, cette sensation est terrorisante. La peur est tellement intense que les personnes qui souffrent de phobie sociale évitent généralement toutes les situations où elles pourraient en vivre.

Les phobies sociales les plus fréquentes consistent à avoir peur d’entretenir une conversation avec une personne inconnue ou une personne d'autorité, ou encore de prendre la parole devant un groupe.

La peur de fréquenter des endroits publics, de demander de l’information à un commis ou de retourner de la marchandise au magasin représente des phobies sociales courantes. D'autres personnes éprouvent de la difficulté à parler au téléphone, à manger ou à boire devant des gens qui les regardent ou à participer à des activités où il pourrait y avoir un auditoire, telles que les activités sportives ou les concerts.

La peur du regard des autres est souvent accompagnée par des symptômes physiques comme le tremblement, le rougissement, les palpitations et la transpiration. Les personnes évitent donc de se trouver ou d’agir en public.

La phobie spécifique

Il s'agit d'une peur démesurée; elle est si intense qu'elle peut déclencher parfois une crise de panique lorsqu'on se trouve en présence de l'objet de sa phobie. On a beau savoir que la peur n'est pas fondée, cela ne réduit en rien la réaction. Dans certains cas, l'image de l'objet (l'image d'un insecte, d'une seringue, d'un chat, par exemple) suffit à déclencher la panique. Les conséquences sont souvent graves et nombreuses : souffrance morale, dévalorisation, sentiment de honte et d’impuissance pouvant aller jusqu’à une impression de devenir fou ou de tendre vers la dépression.

Parmi les phobies les plus courantes, on retrouve :

  • l'agoraphobie — peur des foules et des lieux publics
  • la claustrophobie — peur de l'ascenseur, des pièces exiguës, du trafic dense
  • l'aérophobie — peur de l'avion


Les objets de phobie sont illimités : ponts, tunnels, araignées, moustiques, sang, hauteurs, microbes, vomissements, guerre nucléaire, etc.

Pour éviter les désagréments, la personne commence par cesser de fréquenter l'endroit où se manifeste cette réaction. Elle s'organise pour n'avoir aucun contact avec ce qui déclenche cette réaction incongrue. Elle évite les lieux et les situations qui la menacent. Elle recherche, tant bien que mal, à s’adapter en fuyant les situations pouvant réactiver ses peurs déraisonnables.

La différence entre la peur et la phobie est difficile à délimiter : la peur est saine puisqu’elle nous indique la présence d’un danger réel. Elle n’empêchera pas une personne de bien fonctionner dans la vie courante. Par contre, la phobie est irraisonnée et les personnes qui en souffrent ont de la difficulté à s’adapter à leur environnement et à différencier leurs peurs normales des phobies. En évitant la situation, elle sent une baisse instantanée de son anxiété et ressent un retour à un calme temporaire, mais au lieu de diminuer, la peur s’accentuera et se répercutera dans d’autres secteurs de ses activités. Le cercle des endroits qu’elle pourra fréquenter se rétrécira peu à peu, et c’est souvent de cette façon qu’elle en viendra à ne plus vouloir sortir de la maison.

La personne souffrant de phobie spécifique adopte des comportements d'évitement. Il faut aussi retenir que l’évitement demeure toujours une solution possible pour retrouver un mieux-être momentané, mais si on le privilégie constamment, il en résultera une cristallisation de la peur et ainsi, celle-ci augmentera.

L’attaque de panique


Exemple de cas vécu :

Vous attendez dans une file d’attente à la caisse à votre épicerie. Il y a trois personnes devant vous. Soudainement, vous vous sentez étouffé, les images deviennent floues, tout devient irréel. Vous ressentez un malaise extrêmement intense et pénible. Vous croyez subir une crise cardiaque et perdre le contrôle de vous-même ou avec la réalité. Vous avez la sensation d’étouffer, vous avez des palpitations, des bouffées de chaleur ou des frissons, des tremblements, une douleur à la poitrine, vous transpirez et avez l’impression que vous allez vous évanouir. Vous croyez même qu’il serait important d’aller à l’hôpital. Vous quittez donc l’épicerie et après quelques minutes, votre calme revient et vous vous sentez mieux. Vous décidez donc d’éviter cette épicerie pour les prochains mois.

Une attaque de panique se manifeste de façon inattendue avec un sentiment d’effroi. Les crises peuvent se produire n’importe où, en auto, en marchant, dans une foule, etc. C’est comme si votre corps vous envoyait un signal d’alarme, mais vous ne savez pas comment l’interpréter. Elles se produisent souvent dans un environnement familier, qui ne présente pas de danger réel. C’est curieux et terrifiant à la fois, avec des manifestations physiques et psychologiques importantes (voir la description des symptômes physiques dans l’échelle d’anxiété à la page suivante).

Si non traitées, les crises de panique peuvent progresser et causer une détresse encore plus grande. C’est comme si vous viviez avec une menace presque permanente, sans savoir ni quand, ni où, une nouvelle crise va se produire. Vous ressentez donc une grande anticipation et une crainte quasi constante que d’autres crises se présentent. Vous aurez tendance à éviter les endroits où sont survenues les crises par crainte que cela n’arrive de nouveau. Vous vous isolerez peu à peu de votre famille, vos amis, vos collègues de travail…

Témoignage : « Chez G.E.M.E., j’ai appris à utiliser des outils concrets pour maîtriser mes crises de panique et à ne plus anticiper les événements, car j’avais tendance à sous-estimer ma capacité à les affronter. » Johanne, groupe de Longueuil, Le goût du courage, Édition 2002, p.44


Les troubles obsessionnels compulsifs (TOC)

Il arrive qu’une personne ait des idées spécifiques et qu’elle effectue des gestes répétitifs : des rituels de lavage, de comptage, de vérification, etc.

Le TOC apparaît lorsque ces idées dépassent la simple manie et deviennent des pensées envahissantes qui génèrent des peurs, des angoisses et des compulsions comme des envies irrépressibles d’effectuer des gestes répétitifs. Elles prennent une grande importance et échappent au contrôle en rendant la vie très difficile.

Les pensées les plus envahissantes (les obsessions) concernent :

  • la contamination (peur d’attraper des microbes)
  • le doute (la peur d’oublier d’éteindre la cuisinière ou de fermer à clé son appartement ou la peur de perdre quelque chose)
  • la peur de commettre un geste agressif


Les obsessions sont des idées, des pensées persistantes, qui se répètent, elles sont très envahissantes et génèrent de l’anxiété et une détresse psychologique importante.

Pour se calmer, la personne adopte des comportements compulsifs qui se manifestent par des gestes répétitifs.

En voici quelques exemples :

  • La peur d’être contaminée peut pousser une personne à se laver les mains des dizaines de fois par jour.
  • Le respect de l’ordre et de la symétrie. Le besoin irrationnel que les objets soient toujours placés au même endroit peut monopoliser toute l’attention d’une personne à vérifier constamment si les objets occupent la place qui leur est assignée.
  • La vérification incessante des lumières fermées, des portes verrouillées, des éléments éteints de la cuisinière peut empêcher un individu de sortir de la maison ou faire en sorte qu’il se lève plusieurs fois de son lit avant de pouvoir s’endormir, s’il y arrive. D’autres se réveilleront la nuit pour vérifier à nouveau que tout est sécuritaire.
  • Les rituels de lavage – les mains, les poignées de porte, les toilettes, les poubelles, les meubles - plusieurs fois par jour.
  • Les rituels de comptage – le nombre de marches d’escalier, de lignes de trottoir, de serviettes à plier.
  • Un certain nombre de rituels - pour chasser les pensées, pour éviter les malheurs.
  • Un individu peut également être obsédé par des images ou des pensées liées à la sexualité ou la religion.
  • Une accumulation d’objets sans valeur particulière.


Les compulsions sont des gestes impulsifs et répétitifs ou des ruminations qui ont pour but de prévenir le danger et de diminuer l’anxiété vécue. Elles sont exécutées selon des règles strictes et ont pour but de soulager les troubles, mais dans une contrainte. La personne désire leur résister et ne réussit pas à le faire; les gestes répétitifs sont effectués dans le but de se calmer, mais, en réalité, ils n’apportent aucun soulagement ni plaisir.

Les personnes qui souffrent du trouble obsessionnel compulsif sont conscientes que ceci est anormal et disproportionné, mais ne peuvent pas se contrôler et vivent de l’angoisse, causée par cette impuissance à cesser ces gestes compulsifs. Les obsessions et compulsions sont indépendantes de la volonté. La vie de ces personnes est bouleversée, car ces manies peuvent mobiliser leur temps plusieurs heures par jour.

Il est possible de traiter les troubles obsessionnels compulsifs. Comme toute démarche de mieux-être, cela exigera de la patience et de la persévérance. Des traitements tels que la médication et la psychothérapie peuvent aider. Il serait souhaitable de consulter votre médecin afin de vérifier le support médical qu’il peut vous apporter.

N’hésitez pas à participer à un groupe de soutien. Vous y trouverez des gens qui, comme vous, font face à cette problématique. Et vous découvrirez comme il est bon de pouvoir en parler sans être jugé!

 Le syndrome de stress post-traumatique

Le syndrome de stress post-traumatique (ou choc post-traumatique) apparaît suite à un événement traumatique dont une personne a été témoin ou victime (ex. : la mort ou menace à son intégrité physique ou celle d’une autre personne). Pendant cet évènement, elle a ressenti une peur intense, un grand sentiment d’impuissance ou une grande horreur. Sa capacité d’adaptation a été dépassée.

On parle ici de vivre ou d’être témoin de situations telles qu’une agression sexuelle, une agression personnelle violente, un vol, le fait d’être pris en otage, être prisonnier de guerre, un incendie, un accident de voiture grave, etc.

Des symptômes apparaîtront suite à l’événement :

  • La personne revit continuellement la scène, soit en pensées ou en cauchemars.
  • Elle désire éviter ce qui pourrait lui rappeler ce qui s’est passé.
  • Elle est constamment aux aguets, même s’il n’y a pas de danger.
  • Elle a de la difficulté à s’endormir. Se réveille souvent la nuit.
  • Elle vit dans une hypervigilance, ce qui entraîne beaucoup d’anxiété.
  • Elle vit des excès de colère, des difficultés à se concentrer, et est irritable.
  • Elle se sent coupable d’avoir survécu alors que d’autres n’ont pas survécu.


Il se peut que des troubles anxieux ou des problèmes de santé, de sexualité, ou l’abus de drogues, d’alcool ou de médicaments soient présents. Certaines personnes peuvent devenir dépressives, ressentir une fatigue ou un désintérêt pour ce qui les entoure.

Les symptômes peuvent se présenter plusieurs mois ou quelques années plus tard, et disparaître en l’espace d’un an ou deux pour certaines personnes. Pour d’autres cependant, les symptômes resteront présents très longtemps.

Peu de temps après l’événement traumatique, la personne peut se plaindre d’une baisse importante de plaisir pour des activités qui lui étaient habituellement source de plaisir. Elle peut se sentir détachée ou étrangère aux autres ou vivre une baisse des émotions associées avec l’intimité, la tendresse et la sexualité. Elle peut également voir le futur de façon négative, comme : ne plus vouloir d’enfant, ne plus faire de projets, etc.

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